Brûler le sucre : une aberration

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Après presque cent ans d'interdiction, il semble normal que tout le monde ait oublié la façon de consommer l'absinthe. Il a fallu lire des textes de l'époque, voir beaucoup d'illustrations pour comprendre que l'on ne versait pas l'absinthe sur le sucre mais l'eau. Ce qui est logique puisque le sucre ne se dissout qu'avec l'eau.

Sur les dessins et les tableaux, on remarque la présence presque systématique du pyrogène, ce petit objet cônique contenant en son centre des allumettes.

De là à imaginer que c'est l'absinthe qui était versée sur le sucre et que l'on flambait le tout, il n'y avait qu'un pas. Cette nouvelle mode est apparue en Tchéquie qui la première a relancé l'absinthe en 1997, sans aucune notion de sa véritable histoire et tradition.

Alors à quoi servent les allumettes ?

C'est une question qui revient souvent. Elles servent tout simplement à allumer la cigarette ou le cigare du fumeur. Au soufre et phosphore, elles s'enflammaient par simple frottement sur les stries du pyrogène. Objet de café, vu par le plus grand nombre, le pyrogène porte la publicité des marques d'absinthe ou autres alcools.

La grande période du pyrogène va de 1870 à 1914. Il disparaîtra vers 1920, remplacé par les allumettes de sûreté et le briquet.

Pour en savoir plus, voir le livre L'Absinthe-Les Pyrogènes. Musée de l'Absinthe édition, Auvers-sur-Oise, 2013.

Le frottoir est sur la partie cônique creuse, servant de réceptacle aux allumettes. Une sonnette placée sous le pied permet d'appeler le garçon depuis sa table. Collection Delahaye.

Le frottoir est sur la partie cônique creuse, servant de réceptacle aux allumettes. Une sonnette placée sous le pied permet d'appeler le garçon depuis sa table. Collection Delahaye.

Le frottoir à allumettes est ici sur le pied. Collection Delahaye.

Le frottoir à allumettes est ici sur le pied. Collection Delahaye.

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