Louis Martin

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

J’ai rencontré Louis Martin chez lui à Pontarlier en 1984. Journaliste au Pontissalien, il avait écrit une série d’articles en 1961, visant à informer les lecteurs de l’importance qu’avait été l’industrie de l’absinthe à Pontarlier.

Heureux de voir que quelqu’un faisait revivre tout ce pan d’histoire de la ville, il s’est empressé de me montrer ses albums dans lesquels il conservait articles et photos ainsi que sa modeste collection. Plutôt qu’une vraie collection, il s’agissait davantage de souvenirs auxquels il tenait particulièrement. 

Avec Louis Martin en 1984. © Delahaye.

Avec Louis Martin en 1984. © Delahaye.

Et des souvenirs, il en avait beaucoup. Comme celui de l’incendie de l’usine Pernod Fils. À l’époque, il avait 7 ans et déjeunait chez sa grand-mère quand l’incendie s’est déclaré et que le tocsin s’est mis à sonner. 

J’ai laissé là mon assiette et suis parti en courant ! Ma grand-mère ne m’a pas revu avant la nuit.

Louis Martin

Cet incendie avait tellement marqué l’enfant qu’il était alors, qu’à 90 ans passés il se souvenait de tous les détails. De la vigueur du brasier et du Doubs qui charriait des flammes. Puis, il a ajouté en conclusion :

les bouteilles d’absinthe ramollies par le feu avaient pris les formes les plus bizarres, certaines s’étaient soudées les unes aux autres. Par la suite, on en vit sur toutes les cheminées de la ville, entre la pendule et les candélabres. Elles ont fini dans les greniers ou les poubelles !

Louis Martin

Bouteille d'absinthe Pernod Fils fondue au cours de l'incendie de l'usine en août 1901.

Bouteille d'absinthe Pernod Fils fondue au cours de l'incendie de l'usine en août 1901.

Monsieur Louis Martin, merci de m’avoir reçue et d’avoir partagé vos souvenirs.

Louis Martin

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