Les Carafes à glace

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Alors que le goût de boire frais se développe, des carafes ingénieuses vont voir le jour.

Les carafes hygiéniques

Leur but est de séparer la glace d'origine incertaine et supposée impure de l'eau consommable. Le 24 septembre 1900, Lucien Godet déposait une note à l'Académie des Sciences de Paris relative à une "Carafe hygiénique".

Lire Godet et non Bodet. La faute a été signalée dans le compte rendu de l'Académie.
Lire Godet et non Bodet. La faute a été signalée dans le compte rendu de l'Académie.

Lire Godet et non Bodet. La faute a été signalée dans le compte rendu de l'Académie.

Dans ces  carafes hygiéniques, la glace était introduite dans la poche en verre après avoir dévissé le fond. Une fois revissé, il suffisait de remplir la carafe d'eau. Celle-ci se refroidissait au contact de la glace sans qu'il y ait mélange direct.

Carafe hygiénique de Lucien Godet. Hauteur 270 mm. Poids 1,3 kg. Collection Rondeau.Carafe hygiénique de Lucien Godet. Hauteur 270 mm. Poids 1,3 kg. Collection Rondeau.

Carafe hygiénique de Lucien Godet. Hauteur 270 mm. Poids 1,3 kg. Collection Rondeau.

Fermeture du fond de la carafe. Collection Rondeau.

Fermeture du fond de la carafe. Collection Rondeau.

Carafe glacière et sa fermeture, portant la publicité Georgette Absinthe (Voir P. 43 à 46 du tome 4 du Dictionnaire des marques). Hauteur 305 mm. Poids 1,71 kg. Coll. Nathan. Carafe glacière et sa fermeture, portant la publicité Georgette Absinthe (Voir P. 43 à 46 du tome 4 du Dictionnaire des marques). Hauteur 305 mm. Poids 1,71 kg. Coll. Nathan.

Carafe glacière et sa fermeture, portant la publicité Georgette Absinthe (Voir P. 43 à 46 du tome 4 du Dictionnaire des marques). Hauteur 305 mm. Poids 1,71 kg. Coll. Nathan.

D'où venait la glace ?

Ces précautions n'étaient pas inutiles car les blocs de glace étaient d'origine naturelle et vendus tels quels aux commerçants et aux particuliers. La glace était récoltée à la surface des étangs et des cours d'eau gelés puis stockée dans des glacières rudimentaires avant d'être transportée par train ou par bateau. La production la plus importante venait des États-Unis mais à partir de 1870, l'Europe commença à exploiter sa glace, en Suisse dans les glaciers de Grindelwald et en Norvège où elle était récoltée de décembre à février. En France, elle était ramassée dans certaines régions de montagne quand les hivers étaient rigoureux mais la majorité était importée des États-Unis et de Norvège.

Il existait plusieurs types de glace. La plus recherchée était dure et transparente et était destinée à la consommation tandis que la glace poreuse et de couleur blanche était réservée à l'industrie

Le commerce de la glace à New-York in Harper's Weekly magazine, 30 août 1884. Source Wikipedia.

Le commerce de la glace à New-York in Harper's Weekly magazine, 30 août 1884. Source Wikipedia.

Dès les années 1870, des rapports américains avaient alerté des dangers de la glace issue de rivières et de lacs pouvant être pollués ajoutés au risque de contamination durant le transport. À la fin du XIXe siècle les consommateurs commencèrent à se détourner de la glace naturelle pour des raisons sanitaires. Entre temps des recherches sur la glace artificielle avaient été menées mais celle-ci n'était pas aussi claire que la glace naturelle et laissait un résidu blanc en fondant. Pour ces raisons, elle était considérée comme étant moins adaptée à la consommation.

C'était sans compter sur les pénuries de glace comme celles de 1880 et 1890 aux États-Unis ou durant l'hiver doux de 1898 en Norvège. Elles encouragèrent les investissements dans les nouvelles technologies de production de froid.

Dans les premières années du XXe siècle, le commerce de la glace naturelle fut rapidement supplanté par les systèmes de réfrigération et les usines de glace artificielle. La production de glace artificielle doubla à New-York entre 1900 et 1910. Comme la tendance était similaire dans le reste du monde, les exportations de glace américaine devinrent de moins en moins rentables.

Les carafes à vis

Déjà présentes à la fin du XIXe siècle, les carafes à vis vont se développer au début du XXe, la glace artificielle commençant à faire son apparition, on n'hésite plus à mélanger l'eau et la glace.

Extrait du Catalogue de la Maison Arthaud spécialisée dans le matériel pour café. Collection Perazzi.

Extrait du Catalogue de la Maison Arthaud spécialisée dans le matériel pour café. Collection Perazzi.

La bague située au milieu de la carafe permet son dévissage et donc son remplissage par de la glace en quantité voulue. Collection Rondeau.La bague située au milieu de la carafe permet son dévissage et donc son remplissage par de la glace en quantité voulue. Collection Rondeau.

La bague située au milieu de la carafe permet son dévissage et donc son remplissage par de la glace en quantité voulue. Collection Rondeau.

Marques gravées sur la vis : Breveté SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement) et Marque déposée ER entourant une rose, inscrit dans un losange. Collection Rondeau.
Marques gravées sur la vis : Breveté SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement) et Marque déposée ER entourant une rose, inscrit dans un losange. Collection Rondeau.

Marques gravées sur la vis : Breveté SGDG (Sans Garantie Du Gouvernement) et Marque déposée ER entourant une rose, inscrit dans un losange. Collection Rondeau.

Superbe carafe à vis en verre bleu. Collection Roussel.

Superbe carafe à vis en verre bleu. Collection Roussel.

Rare carafe à vis publicitaire pour l'absinthe Terminus. Collection Delpy.

Rare carafe à vis publicitaire pour l'absinthe Terminus. Collection Delpy.

Bouchon de la carafe. Collection Delpy.
Bouchon de la carafe. Collection Delpy.

Bouchon de la carafe. Collection Delpy.

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