Lust for life

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Soirée riche en émotions autour de Vincent van Gogh, samedi 30 mai.

Le réalisateur Joël Bourdeaud'hui est revenu à Auvers à l'occasion de la projection du film La Vie passionnée de Vincent van Gogh avec une belle surprise. Entretemps, il avait joint Kirk Douglas pour l'informer que dans le cadre des 125 ans de la mort de l'artiste, en juillet 1890, la ville projetait le film "Lust for life" dans lequel il incarnait Van Gogh de façon magistrale et qu'un petit mot de sa part serait un moment fort de la soirée.

Retour immédiat et positif de l'artiste. Sa longue lettre émaillée de souvenirs personnels a été lue en avant première par Patrick Glâtre, chargé de la Mission Images & cinéma du Conseil départemental du Val-d'Oise.

Joël Bourdeaud'hui devant la petite exposition consacrée au film, place de la mairie. Photo Delahaye.

Joël Bourdeaud'hui devant la petite exposition consacrée au film, place de la mairie. Photo Delahaye.

Devant l'écran géant gonflable, Laurent Olivier, directeur de la culture, explique le déroulé de la soirée. Photo Delahaye.

Devant l'écran géant gonflable, Laurent Olivier, directeur de la culture, explique le déroulé de la soirée. Photo Delahaye.

Patrick Glâtre, chargé de la Mission Images et Cinéma au Conseil départemental du Val d'Oise, remercie publiquement Joël Bourdeaud'hui de son intervention auprès de Kirk Douglas. Photo Delahaye.

Patrick Glâtre, chargé de la Mission Images et Cinéma au Conseil départemental du Val d'Oise, remercie publiquement Joël Bourdeaud'hui de son intervention auprès de Kirk Douglas. Photo Delahaye.

Patrick Glâtre lisant la lettre de Kirk Douglas. Photo Delahaye.

Patrick Glâtre lisant la lettre de Kirk Douglas. Photo Delahaye.

Merci de me permettre de me remémorer les moments extraordinaires que j'ai passés à Auvers-sur-Oise il y a 60 ans. Je comprends que vous regardiez "Lust for life" ce soir dans la ville où Vincent van Gogh mourut il y a 125 ans. Je pense que vous aimerez le sujet, c'est un honneur pour moi d'avoir incarné Vincent, ce fut l'unique rôle d'artiste peintre que j'ai joué dans ma vie.
J'étais tellement imprégné par mon rôle que je fus hanté par Van Gogh non seulement pendant le tournage du film mais également plusieurs mois après avoir quitté la France. La production eut une excellente idée de filmer sa vie dans les endroits où il a vécu et peint.
À Auvers, je suis allé dans sa petite chambre au-dessus du café. Je me suis également rendu dans les champs où il a peint le tableau avec les corbeaux. Les rues d'Auvers à cette époque n'avaient pas beaucoup changé et plusieurs habitants du village furent engagés comme figurants.
Avec ma barbe et coiffé d'un chapeau, je ressemblais étonnement à un autoportrait de Van Gogh. En 1955, il y avait encore des personnes qui avaient connu l'artiste, aussi lorsque je marchais dans la rue pour la première fois vêtu du costume du rôle, plusieurs personnes que je croisais étaient choquées et disaient "il est retourné" (ndlr : en français dans le texte).
Pendant le tournage, je portais des chaussures semblables à celles de Van Gogh. Un des souliers était délacé et me déséquilibrait, il était trop large et me donnait une démarche traînante. Le soir après le tournage, mon épouse Anne m'entendait traîner des pieds comme Van Gogh.
Quand le film fut achevé, j'étais hanté par sa présence et parfois je touchais mon oreille pour m'assurer qu'elle était toujours là. Mais "Lust for Life" fut un moment extraordinaire dans ma vie.
J'avais déjà tourné avec Vicente Minelli dans the "The bard and the beautiful", "Les ensorcelés". Pour "Lust for live" j'étais revenu dans un pays que j'adore avec Anne la femme que j'aime et que j'avais rencontrée à Paris quelques années auparavant. À la fin du tournage, Anne était enceinte de notre premier fils Peter.
Le film remporta un gros succès et je fus nommé pour un Oscar.
Quand j'ai tourné "Lust for life" j'avais le même âge que Van Gogh à sa mort (ndlr : 37 ans). J'ai tourné 90 films et écrit 11 livres. J'ai reçu de nombreuses récompenses dont la prestigieuse Légion d'Honneur.
Anne et moi sommes navrés de ne pouvoir être avec vous mais Auvers restera toujours gravé dans nos cœurs.
Bien cordialement
Kirk Douglas

Courrier adressé au réalisateur Joël Bourdeaud'hui

Autre moment fort, le film documentaire réalisé par Henri de Gerlache et Philippe Reynaert. Journaliste et présentateur de télévision, Philippe Reynaert est haut responsable de la politique culturelle cinématographique de la Communauté française de Belgique et directeur de Wallimage. Le documentaire est axé sur la période où  Van Gogh était pasteur chez les mineurs dans le Borinage, partageant leur vie de misère. Les interviews des figurants du film, enfants à l'époque qui aujourd'hui livrent leurs souvenirs, apportent une dimension humaine chargée d'humour et d'émotions.

Philippe Raynaert, venu spécialement de Belgique, explique la démarche de son documentaire. Photo Delahaye.

Philippe Raynaert, venu spécialement de Belgique, explique la démarche de son documentaire. Photo Delahaye.

Puis ce fut le magnifique film de Minelli, Lust for life, entièrement restauré.

Quand en août 1955, l'équipe de tournage s'est installée à Auvers, une auversoise de 75 ans, choisie comme figurante a interpellé Kirk Douglas " Moi, j'ai connu le vrai Van Gogh". Comme il lui a demandé, en français, s'il lui ressemblait elle a répondu  "Oui mais il était plus maigre".

Ce film permit de faire découvrir la ville d’Auvers-sur-Oise et la tombe de Vincent van Gogh dans le monde. Il participa à la renommée de la ville et c'est à partir de ce moment-là que le développement touristique d’Auvers-sur-Oise prit son envol.

Kirk Douglas a tenu à revenir à Auvers dans les années quatre-vingts.

Kirk Douglas dans le rôle de Van Gogh à Auvers. Photo prise en août 1955 par le photographe Robert Chanoine. Collection Alain Rohan.

Kirk Douglas dans le rôle de Van Gogh à Auvers. Photo prise en août 1955 par le photographe Robert Chanoine. Collection Alain Rohan.

La descente des marches du parvis de l'église. Photo Joël Bourdeaud'hui.

La descente des marches du parvis de l'église. Photo Joël Bourdeaud'hui.

Publié dans Medias, Divers