1850 : le Mélabsinthe

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Cette invention due à M. Jules-Louis Boujard a fait l'objet d'un dépôt de brevet le 24 novembre 1850. Un premier dépôt, moins élaboré, avait été fait en 1848 sous le nom d'Intermittent.

Le document d'origine étant très difficilement reproductible, en voici un résumé : "L'invention a pour objet l'intermittence dans la chute d'eau. Le Mélabsinthe se compose d'un récipient en verre ou en cristal et quelquefois en métal. Le dessous est percé d'un trou qui peut varier en dimension. Ce récipient est  divisé dans sa hauteur en deux parties à peu près égales par un faux fond en métal percé au milieu d'un trou de quelques millimètres de diamètre. Le récipient est cylindrique ce qui permet au faux fond  entré en force de pouvoir au besoin l'enlever pour l'essuyer ou pour toute autre cause.

C'est par le trou que s'échappe l'eau que l'on verse dans la partie supérieure du récipient et qui avant d'aller se combiner  avec l'absinthe tombe dans une nacelle-bascule placée dans la partie inférieure du récipient.

On comprend que l'eau s'échappant par le trou du faux fond tombe dans l'une des cases de la nacelle (celle qui est au moment plus élevée que l'autre). Quand cette case est pleine, le poids de l'eau entraîne le mouvement de bascule et toute l'eau qui était dans la case tombe à la fois dans l'absinthe. C'est alors au tour de l'autre case de se remplir et ainsi de suite. Il y a donc immersion subite et intermittente qui mélange les deux liquides et les force à se combiner parfaitement".

Dessin descriptif du Mélabsinthe. Extrait du dépôt de brevet. Document INPI.

Dessin descriptif du Mélabsinthe. Extrait du dépôt de brevet. Document INPI.

M. Boujard ajoute en fin d'explication : "On pourrait exécuter le tout en métal en ayant soin de laisser à jour la partie du récipient où se meut la nacelle afin qu'on la voit et qu'on puisse l'enlever".

Idée reprise par d'autres inventeurs qui vont proposer sur la base du même principe ce que l'on appelle des auto-verseurs à balancelle.  Le gobelet accueille le sucre puis l'eau. Par le petit trou situé à sa base, les gouttes d'eau sucrée tombent dans l'une des cases de la nacelle puis dans l'autre, créant ainsi un mouvement de balancier. 

Auto-verseur "Absinthe Oxygénée Cusenier". Hauteur totale : 118 mm. Diamètre du gobelet : 73 mm. À partir de 1894. Collection Delahaye. Existence de variantes dans l'écriture du nom.
Auto-verseur "Absinthe Oxygénée Cusenier". Hauteur totale : 118 mm. Diamètre du gobelet : 73 mm. À partir de 1894. Collection Delahaye. Existence de variantes dans l'écriture du nom.

Auto-verseur "Absinthe Oxygénée Cusenier". Hauteur totale : 118 mm. Diamètre du gobelet : 73 mm. À partir de 1894. Collection Delahaye. Existence de variantes dans l'écriture du nom.

Auto-verseur à balancelle "Oxygénée Cusenier". Le mot "absinthe" a disparu. À partir de 1901. Collection privée.

Auto-verseur à balancelle "Oxygénée Cusenier". Le mot "absinthe" a disparu. À partir de 1901. Collection privée.

Publicité pour l'auto-verseur Cusenier. À noter que le dessin montre le deuxième verse-eau "Oxygénée Cusenier" alors que la publicité mentionne toujours l'absinthe. Collection Delahaye.

Publicité pour l'auto-verseur Cusenier. À noter que le dessin montre le deuxième verse-eau "Oxygénée Cusenier" alors que la publicité mentionne toujours l'absinthe. Collection Delahaye.

Les deux verse-eau côte à côte pour apprécier la différence de taille. Coll. et photo Thuillier.

Les deux verse-eau côte à côte pour apprécier la différence de taille. Coll. et photo Thuillier.

Mes remerciements à l'équipe de l'INPI pour leur document qui nous renseigne sur l'origine d'un objet très prisé des collectionneurs. Ce document reste leur propriété et ne peut être utilisé sans leur accord.

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