À la découverte de la culture Maori

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Auckland- Samedi 11 février 2017 - Une partie de la journée s'est passée au War Memorial Museum (Musée Mémorial de la guerre). Tout un étage est consacré à l'évocation des différentes guerres auxquelles ont participé les néo-zélandais et tout particulièrement à la première guerre mondiale avec la reconstitution d'une tranchée et l'exposition d'un avion ayant participé aux combats.

Le rez-de-chaussée est consacré aux Maoris. Une exposition passionnante qui m'a particulièrement intéressée. Les Maoris sont les premiers habitants de la Nouvelle-Zélande qui est le pays le plus tardivement peuplé de toute la surface du globe.

Le musée vu de la tour et vu de près. Ph. Delahaye.
Le musée vu de la tour et vu de près. Ph. Delahaye.

Le musée vu de la tour et vu de près. Ph. Delahaye.

Le peuple Maori

Ces farouches guerriers sont partis sur leurs pirogues de la petite île de Hawiki près de Tahiti vers l'an 750. Navigateurs d'exception, ils se guidèrent avec les étoiles et traversèrent ainsi les mers. Certains équipages atteignirent l'Ile de Pâques puis le Chili tandis que d'autres s'installèrent sur l'actuel Hawaï.

Pirogue Maori exposée au musée. Ph. Delahaye.

Pirogue Maori exposée au musée. Ph. Delahaye.

D'autres expéditions abordent l'archipel qu'ils nomment Aotearoa, "la terre du long nuage blanc". Des vagues successives venues des îles polynésiennes occupent cette immense terre vierge aux terres fertiles entre 1050 et 1350. Ils s'installent dans l'ile du Nord plus chaude.

Panneau explicatif des différentes migrations depuis le Sud-est asiatique vers la Polynésie puis la Nouvelle-Zélande. Ph. Delahaye.
Panneau explicatif des différentes migrations depuis le Sud-est asiatique vers la Polynésie puis la Nouvelle-Zélande. Ph. Delahaye.

Panneau explicatif des différentes migrations depuis le Sud-est asiatique vers la Polynésie puis la Nouvelle-Zélande. Ph. Delahaye.

En 1642 le navigateur néerlandais Abel Tasman découvre les côtes d'Aotearoa, qui s'appellera rapidement la Nouvelle-Zélande. En 1769, James Cook explore les côtes à bord de l'Endeavour et les cartographie. C'est une époque de rivalité coloniale entre Français et Anglais, qui se disputent les terres et les mers et les ressources qu'elles procurent.

C'est autant pour devancer les Français que pour calmer les guerres entre tribus Maoris que Londres signe le 8 février 184O avec plus de 5OO chefs Maoris, le traité de Waitangi. Ce traité fait de la Nouvelle-Zélande une colonie britannique. Les Maoris reconnaissent la souveraineté britannique à condition qu'ils respectent leur culture et leurs terres. Le traité ne sera pas respecté ce qui provoquera deux guerres entre colons et Maoris, la plus longue se situant de 1860 à 1870, a entraîné la perte de la moitié de la population Maori.

La Nouvelle-Zélande devient un dominion indépendant en 1907 et sera entièrement souverain en 1947.

Aujourd'hui les Maoris représentent environ 15% de la population. La langue Maori est reconnue langue nationale bien que peu utilisée.

C'est à la fin du XXe siècle, donc assez récemment, que les Maoris, surtout les jeunes, sont à la recherche de leurs racines. Les arts, les chants et les danses traditionnels redeviennent populaires ainsi que la gravure sur bois et le tissage.

Maison Maori, extérieur et intérieur. Musée d'Auckland. Ph. Delahaye.
Maison Maori, extérieur et intérieur. Musée d'Auckland. Ph. Delahaye.

Maison Maori, extérieur et intérieur. Musée d'Auckland. Ph. Delahaye.

Détail d'un panneau sculpté à l'intérieur de la maison. Ph. Delahaye.

Détail d'un panneau sculpté à l'intérieur de la maison. Ph. Delahaye.

De nombreuses vitrines exposent bijoux et objets de la vie quotidienne des Maoris.

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

J'étais à regarder tranquillement toutes ces merveilles quand soudain un bruit de trompe retentit dans le musée. C'était une petite troupe de Maoris qui venait nous chercher pour un spectacle de chants et danses traditionnels, le fameux Kapa haka.

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Les Maoris étaient de puissants guerriers qui passaient la plupart de leur temps à s’affronter.  Avant de partir en guerre, ils effectuaient le haka destiné à montrer leur force et à impressionner l'adversaire. Cette  danse chantée rituelle était aussi interprétée à l'occasion de cérémonies et de fêtes pour souhaiter la bienvenue.

 

Danses et chants du Haka. Ph. Delahaye.

Danses et chants du Haka. Ph. Delahaye.

À la fin du spectacle, les Maoris se prêtent volontiers aux photos et prennent la pose.

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Pour faire peur aux ennemis, en plus de la danse guerrière, il  y a deux constantes dans le visage : les yeux écarquillés et la langue tirée.

Musée Memorial de la guerre à Auckland. Ph. Delahaye.
Musée Memorial de la guerre à Auckland. Ph. Delahaye.
Musée Memorial de la guerre à Auckland. Ph. Delahaye.

Musée Memorial de la guerre à Auckland. Ph. Delahaye.

Le Haka des Maoris est devenu mondialement célèbre grâce à l'équipe de rugby à XV de la nouvelle-Zélande surnommée les All Blacks qui l'effectue avant chacun de leurs matches depuis 1905.

Le haka des All Blacks. Ph. empruntée.

Le haka des All Blacks. Ph. empruntée.

Les Maoris maintiennent également leurs liens avec leur culture grâce aux tatouages.

Les tatouages (Ta Moko en langue Maori) sont des symboles qui marquent une appartenance à une tribu. Chez les Maoris, hommes et femmes sont tatoués indiquant par là, leur statut social. Les tatouages sont situés sur la tête pour les hommes et sur le menton pour les femmes.

Aujourd'hui, les tatouages sont réalisés avec de l'encre mais à l'époque, il s'agissait d'entailles remplies de pigments de suie. 

À l'origine, c'était le visage qui était au centre de l'art du tatouage maori, aujourd'hui, ces motifs spiralés sont tatoués sur le corps.

 

J'ai vu plusieurs personnes avec le visage ainsi tatoué mais je n'ai pas osé les prendre en photo, aussi j'emprunte celle-ci.

J'ai vu plusieurs personnes avec le visage ainsi tatoué mais je n'ai pas osé les prendre en photo, aussi j'emprunte celle-ci.

Les totems anciens exposés dans le musée montrent les visages tatoués.

Totems aux visages tatoués. Ph. Delahaye.
Totems aux visages tatoués. Ph. Delahaye.

Totems aux visages tatoués. Ph. Delahaye.

Aujourd'hui, grâce à la beauté et à la symbolique de leurs motifs, les tatouages Maoris se sont  popularisés en dehors des frontières de la Nouvelle-Zélande.

Tatouages des danseurs Maoris. Ph. Delahaye.
Tatouages des danseurs Maoris. Ph. Delahaye.

Tatouages des danseurs Maoris. Ph. Delahaye.

Après ce moment intense passé au musée, retour vers le port pour prendre un ferry pour l'île de Devonport. Les premiers services de ferry pour la ville d'Auckland ont commencé dans les années 1840.

Avant de monter dans le ferry, une liste impressionnante d'interdictions est placée sur le passage de façon à être bien vue de tous. Évidemment, pas d'alcool. La Fée doit rester à quai.

Pas besoin de comprendre l'anglais, c'est suffisamment explicite ! Ph. Delahaye.
Pas besoin de comprendre l'anglais, c'est suffisamment explicite ! Ph. Delahaye.

Pas besoin de comprendre l'anglais, c'est suffisamment explicite ! Ph. Delahaye.

Puis nous quittons le port et pouvons apprécier le superbe bâtiment victorien des ferry.

C'est dans le port d'Auckland que le bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior fut saboté par les services de renseignements français le 10 juillet 1985. Il s'ensuivit un retentissant scandale et des tensions diplomatiques entre la France et la Nouvelle-Zélande.

Le port vu du ferry qui s'éloigne. Ph. Delahaye.
Le port vu du ferry qui s'éloigne. Ph. Delahaye.
Le port vu du ferry qui s'éloigne. Ph. Delahaye.

Le port vu du ferry qui s'éloigne. Ph. Delahaye.

L'île de Devonport

L'explorateur français Jules Dumont d'Urville aurait débarqué dans la région en 1827 et serait le premier européen a avoir foulé le sol de Nouvelle-Zélande. Mais c'est en 1840 que Devonport sera fondée ce qui en fait une des plus anciennes banlieues d'Auckland.

C'est à Devonport qu'est installée la principale base navale pour les navires de guerre du pays : la Royal New Zealand Navy.

Auckland vue du ferry. Ph. Delahaye.

Auckland vue du ferry. Ph. Delahaye.

Arrivée sur l'île de Devonport. La petite ville au pied du Mont Victoria. Ph. Delahaye.
Arrivée sur l'île de Devonport. La petite ville au pied du Mont Victoria. Ph. Delahaye.

Arrivée sur l'île de Devonport. La petite ville au pied du Mont Victoria. Ph. Delahaye.

L'arrivée dans le port de Devonport a de quoi rafraîchir un peu. Jugez plutôt !

Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Devonport est une très jolie petite ville qui a gardé tout son charme ancien. Des hôtels des années 1890, des boutiques anciennes, des restaurants, de belles maisons font de cet endroit un lieu paisible de villégiature.

Rue qui a conservé ses bâtiments d'époque. Ph. Delahaye.
Rue qui a conservé ses bâtiments d'époque. Ph. Delahaye.
Rue qui a conservé ses bâtiments d'époque. Ph. Delahaye.

Rue qui a conservé ses bâtiments d'époque. Ph. Delahaye.

Hôtels et restaurants. Ph. Delahaye.
Hôtels et restaurants. Ph. Delahaye.

Hôtels et restaurants. Ph. Delahaye.

Maisons cossues. Ph. Delahaye.

Maisons cossues. Ph. Delahaye.

Sur la place du village, des arbres remarquables abritent le monuments aux morts de la guerre de 14.

Monument aux morts. Bronze de Richard Gross. Ph. Delahaye.

Monument aux morts. Bronze de Richard Gross. Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Après cette agréable promenade, il était temps de reprendre le ferry pour regagner Auckland.

Le ferry du retour. Ph. Delahaye.

Le ferry du retour. Ph. Delahaye.

À suivre... La Magie de Waitomo