Au cœur du volcan chez les Maoris

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Rotorua- Te Puia - Mardi 14 février 2017 - Le centre géothermique de Te Puia, à 5 km de Rotorua, propose un circuit aménagé où la forêt primaire est entrecoupée de zones où s'exprime l'activité volcanique. Nous sommes au cœur du volcan et chez les Maoris qui sont installés dans la région depuis plusieurs siècles et qui représentent encore aujourd'hui 40% de la population.

Le site de Te Puia à la périphérie de Rotorua.

Le site de Te Puia à la périphérie de Rotorua.

C'est ici, à Te puia, que l'on prend réellement conscience de la situation géologique du pays à cheval sur les plaques tectoniques pacifiques et australiennes. La plaque pacifique qui passe sous la plaque australienne a une vitesse de déplacement d'environ 4 cm par an ce qui génère cette importante activité volcanique que connaît la Nouvelle-Zélande.

 

Nous suivons les chemins balisés qui nous conduisent vers le lieu stratégique du site à travers la forêt tropicale quand soudain de loin, entre les arbres, on voit le geyser s'élancer vers le ciel.

Le grand geyser Pohutu. Ph. Delahaye.

Le grand geyser Pohutu. Ph. Delahaye.

Pohutu vu de plus près. Ph. Delahaye.
Pohutu vu de plus près. Ph. Delahaye.

Pohutu vu de plus près. Ph. Delahaye.

On emprunte la passerelle qui permet d'être au plus près. Évidemment, il y a les recommandations d'usage.

Au cœur du volcan chez les Maoris

De près, on se rend compte qu'il y a en fait plusieurs geysers. Trois sont encore actifs. Connectés à une même fissure, ils entrent en éruption de façon simultanée. C'est le plus petit, Prince of Wales Feathers, qui s'élance le premier. Ses jets d'eau d'abord faibles augmentent en intensité jusqu'à atteindre 9 mètres. Le plus grand, Pohutu, commence alors à entrer en éruption à son tour. Le troisième, Waikorohihi, ne se manifeste qu'occasionnellement.

Au XIXe siècle, plus de 200 geysers actifs étaient recensés dans toute la Nouvelle-Zélande. Aujourd'hui, il n'en reste qu'une soixantaine.

Les deux premiers geysers en éruption. Ph. Delahaye.
Les deux premiers geysers en éruption. Ph. Delahaye.

Les deux premiers geysers en éruption. Ph. Delahaye.

Les trois geysers sont situés sur une terrasse rocheuse à environ 6 m au-dessus de la rivière Puarenga.

La rivière Paruenga. Ph. Delahaye.

La rivière Paruenga. Ph. Delahaye.

La terrasse rocheuse d'où partent les geysers. Ph. Delahaye.
La terrasse rocheuse d'où partent les geysers. Ph. Delahaye.
La terrasse rocheuse d'où partent les geysers. Ph. Delahaye.

La terrasse rocheuse d'où partent les geysers. Ph. Delahaye.

Le geyser Pohutu est le plus grand geyser de l'Hémisphère sud.

Son activité avait été mise à mal par les habitants de Rotorua qui creusaient des puits de 20 à 200 mètres pour extraire de l'eau chaude à des fins domestiques ou commerciales. Un programme de fermeture des puits commencé en 1987 a conduit à la fermeture de 106 puits dans un rayon de 1, 5 km autour de Pohutu, ainsi qu'à la fermeture de 120 autres en dehors de ce rayon. Depuis, il y a une nette amélioration de l'activité de Pohutu. Il éclabousse en continue mais une à deux fois par heure, il monte à 30 mètres.

Pohutu dans son activité maximale. Ph. Delahaye.
Pohutu dans son activité maximale. Ph. Delahaye.

Pohutu dans son activité maximale. Ph. Delahaye.

Un peu trop d'eau pour cette toute petite fée !

Un peu trop d'eau pour cette toute petite fée !

De l'autre côté de la terrasse, une petite piscine tranche par sa jolie couleur bleue au milieu des roches grises.

La piscine bleue. Ph. Delahaye.
La piscine bleue. Ph. Delahaye.
La piscine bleue. Ph. Delahaye.

La piscine bleue. Ph. Delahaye.

L'eau de cette piscine naturelle provient des geysers. Sa couleur est due aux différents minéraux qui y sont dissous et notamment à la présence de cobalt qui lui donne sa teinte bleue.  L'eau s'écoule ensuite dans la rivière Puarenga par des canaux souterrains. L'eau est hautement alcaline et sa température varie entre 30 et 50°. Cette piscine thermale, the Blueys pool, a été utilisée par les Maoris pendant des décennies. Aujourd'hui encore, c'est l'endroit favori d'une soixantaine de résidents, descendants des premiers habitants.

Au cœur du volcan chez les Maoris

La fameuse odeur "d'œuf pourri" sentie jusque dans la ville est due au sulfite d'hydrogène, relâché dans l'atmosphère. Autre composé résultant de l'activité géothermique, le dioxide de silice. La plupart des minéraux durs sont faits de silice.

Le soufre affleure à la surface. Ph. Delahaye.
Le soufre affleure à la surface. Ph. Delahaye.
Le soufre affleure à la surface. Ph. Delahaye.

Le soufre affleure à la surface. Ph. Delahaye.

Le sentier qui  nous ramène à notre point de départ, serpente au milieu de zones aux nombreuses petites piscines de boue. La boue chaude était utilisée par les Maoris pour traiter différents maux, notamment les coupures et les brûlures.

La boue légèrement acide contient différents minéraux qui aident la peau à se régénérer et traite également l'arthrite et les rhumatismes.

Aujourd'hui la boue de Rotorua est vendue en tant que cosmétique partout dans le monde.

Boue chaude épaisse. Ph. Delahaye.
Boue chaude épaisse. Ph. Delahaye.

Boue chaude épaisse. Ph. Delahaye.

Boue chaude plus fluide. Ph. Delahaye.
Boue chaude plus fluide. Ph. Delahaye.

Boue chaude plus fluide. Ph. Delahaye.

Ces petites mares de boue sont cernées par la végétation parmi laquelle se distinguent de nombreuses fougères arborescentes que les Maoris appellent Ponga. Le Ponga dont le dessous des feuilles est argenté se trouve dans toute la Nouvelle-Zélande dans les forêts de plaines et de montagnes. Les Maoris utilisaient ces feuilles argentées uniquement présentes chez les fougères adultes, pour marquer leurs pistes la nuit.

Ponga et dessous de ses feuilles.
Ponga et dessous de ses feuilles.

Ponga et dessous de ses feuilles.

La feuille de Ponga est un emblème national que l'on retrouve sur les maillots des équipes de rugby, les All Blacks.

© New Zealand All Blacks.

© New Zealand All Blacks.