Dans la vallée du diable

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Waimangu valley - Mercredi 15 février 2017 - Aujourd'hui, direction la vallée du rift volcanique de Waimangu à 25 kilomètres de Rotorua.

La route a l'aspect tourmenté d'une région volcanique. Ph. Delahaye.
La route a l'aspect tourmenté d'une région volcanique. Ph. Delahaye.

La route a l'aspect tourmenté d'une région volcanique. Ph. Delahaye.

Cet immense système hydrothermal a été créé le 10 juin 1886 par l'éruption du mont Tarawera qui s'est ouvert en une énorme faille de 17 kilomètres d'où ont surgi une douzaine de cratères. Un geyser a jailli projetant une eau noire qui a complètement détruit toute la végétation de la vallée en la recouvrant de 20 centimètres de boue et de cendres. D'où le nom de Waimangu qui signifie "eau noire" en langue Maori.

La vallée s'est peu à peu réensemencée avec les plantes endémiques à la région dont de nombreuses espèces de fougères. Oiseaux et insectes sont revenus. Cet écosystème rare entièrement restructuré naturellement, sans aucune intervention humaine, est protégé en tant que Réserve scénique.

Panneau d'accueil. Ph. Delahaye.

Panneau d'accueil. Ph. Delahaye.

Nombreuses fougères arborescentes ou pongas. Ph. Delahaye.
Nombreuses fougères arborescentes ou pongas. Ph. Delahaye.

Nombreuses fougères arborescentes ou pongas. Ph. Delahaye.

C'est au bruit assourdissant des cigales que nous commençons une promenade de 4 km où nous pourrons apprécier toutes les manifestations d'une intense activité géothermique.

Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Premier point de vue : The Weather Pool (La piscine météorologique) ainsi nommée car la couleur de l'eau change avec le temps. Après de fortes précipitations, l'eau apparaît trouble et peut prendre des teintes allant du gris au bleu suivant la lumière 

The weather pool. Ph. Delahaye.

The weather pool. Ph. Delahaye.

Tous les sites observés sont des cratères qui se sont formés suite à l'éruption de 1886. Sept d'entre eux sont situés à peu de distance les uns des autres et forment la vallée de Waimangu. Les autres sont à l'origine de la dépression occupée aujourd'hui par le lac Rotomahana situé à l'extrémité de la Waimangu valley.

Tous les cratères formés par effondrement du sol, varient de 5 à 50 mètres de diamètre et ont au moins 20 mètres de profondeur. Certains se sont élargis au moment des éruptions de 1915 et 1917. La plupart des cratères ont des activités géothermiques variables qui vont de simples fumeroles à des vapeurs de sulfure ou des piscines bouillonnantes. Les températures peuvent monter à 80°-100°.

Deuxième point de vue : Devil's Home (La maison du diable). L'acidité du sol a fini par entraîner l'effondrement du cratère. Les vapeurs de soufre qui s'en échappent se déposent sur les parois.

 

Le cratère Devil's home. Accumulation de soufre sur les parois rocheuses. Ph. Delahaye.
Le cratère Devil's home. Accumulation de soufre sur les parois rocheuses. Ph. Delahaye.
Le cratère Devil's home. Accumulation de soufre sur les parois rocheuses. Ph. Delahaye.

Le cratère Devil's home. Accumulation de soufre sur les parois rocheuses. Ph. Delahaye.

Point de vue suivant : Thunder Crater (le cratère du tonnerre). Formé en 1968, il illustre parfaitement l'instabilité de la région. À son extrémité un courant d'eau dû au passage de la rivière Waimangu contribue à l'érosion de ses parois.

Thunder crater. Ph. Delahaye.
Thunder crater. Ph. Delahaye.
Thunder crater. Ph. Delahaye.

Thunder crater. Ph. Delahaye.

L'accumulation de soufre et le développement d'algues dans l'eau chaude colorent les berges de la rivière.

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

La rivière longe un tout petit cratère : Devil's ink pot ( le pot d'encre du diable) dont la couleur interne est due à des dépôts de graphite. Sur le pourtour, différents minéraux apportent leurs touches colorées.

Devil's ink pot crater. Ph. Delahaye.
Devil's ink pot crater. Ph. Delahaye.

Devil's ink pot crater. Ph. Delahaye.

La rivière Waimangu continue son chemin et serpente dans le canyon qu'elle a creusé au milieu des algues qui lui donnent sa teinte verte.

La rivière Waimangu. Ph. Delahaye.
La rivière Waimangu. Ph. Delahaye.

La rivière Waimangu. Ph. Delahaye.

Détail de la roche formant la berge de la rivière. Dépôts de soufre (en jaune) et de kaolin (en blanc). Ph. Delahaye.

Détail de la roche formant la berge de la rivière. Dépôts de soufre (en jaune) et de kaolin (en blanc). Ph. Delahaye.

Artist's Palette (La palette de l'artiste). Ce point de vue remarquable est comme on le voit, bien nommé. La variété des couleurs est due à différents oxydes.

Le pourpre est dû à l'oxyde de manganèse. Le brun-rouge à l'oxyde de fer. Le jaune au sulfure. Le bleu ciel à l'alcalo-chloride. Le jaune nuageux/vert d'eau à l'acide-sulphate. L'orange à la présence d'antimoine et d'arsenic. Le vert/jaune au mélange de sulfure et d'arsenic et le gris est dû au carbone.

La palette de l'artiste est formée par le débordement de la Champagne Pool située à droite. La disposition des minéraux et par conséquent des couleurs dépend du niveau de l'eau et du vent.

Artist's palette. Sur la photo ci-dessus, aperçu de Champagne pool. Ph. Delahaye.
Artist's palette. Sur la photo ci-dessus, aperçu de Champagne pool. Ph. Delahaye.
Artist's palette. Sur la photo ci-dessus, aperçu de Champagne pool. Ph. Delahaye.
Artist's palette. Sur la photo ci-dessus, aperçu de Champagne pool. Ph. Delahaye.

Artist's palette. Sur la photo ci-dessus, aperçu de Champagne pool. Ph. Delahaye.

À l'extrémité gauche de la Palette de l'artiste, on est sur un des bords de la Primrose Terrace où se trouve Opal Pool (Piscine d'opale) ainsi nommée à cause de ses couleurs verdâtre et jaune. De là, on a une large vue sur la terrasse et le geyser qui peut envoyer sa vapeur jusqu'à un mètre.

Opal Pool et le geyser. Ph. Delahaye.
Opal Pool et le geyser. Ph. Delahaye.

Opal Pool et le geyser. Ph. Delahaye.

Le bord de la terrasse avec ses petites piscines de couleur verte. Ph. Delahaye.

Le bord de la terrasse avec ses petites piscines de couleur verte. Ph. Delahaye.

La traversée de la terrasse est un peu impressionnante mais bon, ça se fait quand même !

Pas de rembarde de protection ! Il s'agit de marcher droit ! Ce n'est pas profond mais chaud.

Pas de rembarde de protection ! Il s'agit de marcher droit ! Ce n'est pas profond mais chaud.

On arrive ainsi après cette traversée finalement pas très périlleuse, à The Champagne Pool (La piscine de Champagne) ainsi appelée à cause de ses bulles dues au dioxyde de carbone. Cette piscine est la plus grande du district avec ses 65 mètres de largeur et ses 62 mètres de profondeur. Parmi les minéraux contenus dans son eau, on trouve de l'or, de l'argent, du mercure, du sulfure, de l'arsenic, de l'antimoine et encore beaucoup d'autres. Suite à l'inclinaison de la piscine, un grand nombre de ces minéraux se déposent sur un des bords offrant ainsi un ensemble de couleurs extraordinaires.

The Champagne pool. Ph. Delahaye.
The Champagne pool. Ph. Delahaye.

The Champagne pool. Ph. Delahaye.

De là, un chemin nous ramène au bord de la terrasse que l'on longe jusqu'à son extrémité. The Primrose terrace (Terrasse primevère) est la plus grande de toute la Nouvelle-Zélande. L'eau provenant de la Champagne Pool contient de la silice dissoute qui, avec l'évaporation de l'eau, se dépose en couches successives. Cette terrasse fragile qui couvre 1,5 hectares a été formée au cours des 700 dernières années.

Primrose Terrasse. Ph. Delahaye.

Primrose Terrasse. Ph. Delahaye.

La Primrose Terrace se termine par The Bridel Veil Falls (les chutes du Voile de la mariée) qui sont partiellement colorées en vert par l'eau contenant de nombreux microorganismes.

Les chutes du Voile de la mariée. Ph. Delahaye.

Les chutes du Voile de la mariée. Ph. Delahaye.

L'eau qui découle  de tous ces sites précédents, très chargée en minéraux, poursuit son chemin en un ruisseau peu profond et coloré vers le lac Ngakoro. 

Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.
Ph. Delahaye.

Ph. Delahaye.

Évidemment, je n'ai pas pu résister, la couleur était trop belle !

Évidemment, je n'ai pas pu résister, la couleur était trop belle !

Les falaises d'alun - Alum Cliffs - sensibles aux vents portent les traces des différents contextes météorologiques survenus au cours des 700 dernières années. 

Alum Cliffs. Ph. Delahaye.
Alum Cliffs. Ph. Delahaye.

Alum Cliffs. Ph. Delahaye.

Détail de la paroi avec le soufre qui affleure. Ph. Delahaye.

Détail de la paroi avec le soufre qui affleure. Ph. Delahaye.

Depuis le chemin balisé à ne pas dépasser, Oyster Pool (piscine en forme d'huitre). Le terrain très instable est à 100°. Interdiction de s'y aventurer.

Oyster Pool. Ph. Delahaye.

Oyster Pool. Ph. Delahaye.

Puis vient The Sulfur Cave (La grotte de soufre). Le soufre refroidi au contact de l'atmosphère s'est cristallisé.

Sulphur Cave. Ph. Delahaye.
Sulphur Cave. Ph. Delahaye.

Sulphur Cave. Ph. Delahaye.

The Bird's nest (le nid d'oiseau) a un nom tout à fait justifié puisque les hirondelles font leur nid dans les parois rocheuses dont la chaleur incube leurs œufs.

The Bird's nest. Ph. Delahaye.

The Bird's nest. Ph. Delahaye.

Ce grand circuit qui laisse pantois devant cette nature indomptable et ses merveilles se termine par The Devil's Bath (Le bain du diable) ! Ce grand cratère aux parois abruptes a une couleur incroyable due à l'excès d'eau de la Champagne pool mélangée à des sulfures et des sels ferreux. Suivant la lumière, elle varie de couleur allant du vert au jaune.

Le bain du diable. Ph. Delahaye.
Le bain du diable. Ph. Delahaye.

Le bain du diable. Ph. Delahaye.

La vallée a commencé à attirer des touristes dès 1900 quand le grand geyser de Waimangu a commencé ses éruptions pouvant monter jusqu'à 460 mètres de haut. En 1903, quatre personnes ont été tuées par son éruption soudaine. Devenu inactif en 1904, le geyser clapote maintenant au fond du lac Rotomahana. C'est en 1918, que s'est formé le lac Frying Pan la plus grande source d'eau chaude au monde.

D'autres éruptions plus petites ont continué tout au long du XXe siècle, avec la plus récente en mai 1981.

À suivre...Wellington la décontractée