La Fée Absinthe Parisienne "prend les eaux"

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

De passage par la Normandie, visite de la petite ville de Bagnoles de l'Orne réputée pour ses thermes.

La source d'eau chaude connue depuis le Moyen-Age, protégée par une simple hutte de branchages devient à la fin du XVIIe siècle le centre d'un premier établissement thermal qui comprenait trois bassins dans lesquels l'eau se déversait successivement. Le premier était réservé aux hommes, le second aux femmes et le troisième aux pauvres !

L'établissement fut restauré en 1812 grâce à un mécène italien qui créa le parc de 40 hectares qui l'entoure. Les bâtiments furent transformés temporairement en hôpital militaire pour accueillir les soldats de Napoléon 1er.

Des études scientifiques attestent vers la fin du XIXe siècle de l'efficacité des eaux dans le traitement de la circulation sanguine et des rhumatismes. Une période faste pour les thermes va alors s'ouvrir entretenue entre 1920 et 1935 par la promotion des médecins et la fréquentation d'une clientèle élitiste de rois et hommes politiques qui assurent une réputation mondiale à Bagnoles de l'Orne. C'est aussi le développement du tourisme avec la mode de "prendre les eaux".

Affiche faisant la promotion des Thermes de Bagnoles de l'Orne. Ph. Delahaye.

Affiche faisant la promotion des Thermes de Bagnoles de l'Orne. Ph. Delahaye.

Les Thermes à la fin du XIXe siècle.

Les Thermes à la fin du XIXe siècle.

Vue partielle des Thermes aujourd'hui. Ph. Delahaye.

Vue partielle des Thermes aujourd'hui. Ph. Delahaye.

L'entrée des Thermes.

L'entrée des Thermes.

Ancien distributeur d'eau de source. L'eau à 24,3° est à déconseiller pour l'absinthe !

Ancien distributeur d'eau de source. L'eau à 24,3° est à déconseiller pour l'absinthe !

Pour accueillir une clientèle de plus en plus nombreuse, on a construit à proximité des thermes, l'immense Hôtel des Thermes, en 1907.

L'Hôtel des Thermes construit au début du XXe siècle. Ph. Delahaye.
L'Hôtel des Thermes construit au début du XXe siècle. Ph. Delahaye.

L'Hôtel des Thermes construit au début du XXe siècle. Ph. Delahaye.

Présent dans toutes les villes thermales, le casino. Le  premier casino appelé Casino des Thermes a été construit en bois en 1888 avant d'être reconstruit vers 1891. L'actuel Casino du Lac date de 1927 grâce au mécénat d'un milliardaire passionné de jeux, Franck Jay Gould qui quitta la ville quand la municipalité de l'époque refusa de donner son nom au pont du lac.

Les deux casinos fonctionnèrent conjointement jusqu'en 1989, date à laquelle le premier fut détruit.

Le Casino du Lac. Ph. Delahaye.

Le Casino du Lac. Ph. Delahaye.

En quittant le bord du lac, on est très vite dans le centre. Des jardins et des fleurs à foison jalonnent la promenade.

De l'autre côté du lac au centre ville. Ph. Delahaye.

De l'autre côté du lac au centre ville. Ph. Delahaye.

Hôtel La Potinière du lac. Ph. Delahaye.

Hôtel La Potinière du lac. Ph. Delahaye.

L'office de tourisme croule sous les fleurs. Ph. Delahaye.

L'office de tourisme croule sous les fleurs. Ph. Delahaye.

En redescendant vers les thermes, la vue s'attarde sur un piton rocheux, le Roc au Chien, en surplomb de 54 mètres. Un restaurant situé à côté porte son nom.

L'histoire rapporte qu'un enfant imprudent serait tombé dans une crevasse. Il fut sauvé grâce aux aboiements de son chien. En reconnaissance, le chien aurait été enterré là à sa mort d'où le nom de l'endroit.

Le restaurant du Roc au Chien. Ph. Delahaye.

Le restaurant du Roc au Chien. Ph. Delahaye.

Dernière balade, le Château-Hôtel de ville. Il fut édifié entre 1855 et 1859 par la veuve d'un homme d'origine modeste parti à l'étranger pendant la Révolution et revenu avec une fortune dont on ignore l'origine. Le château fut vendu en 1922 à une originale qui le décora avec des masques d'Extrême-Orient et des costumes de l'Ancien Régime qui placés devant les fenêtres donnaient l'impression de fêtes permanentes. Pendant la guerre, le château abandonné par sa propriétaire fut successivement occupé par des Russes en exil, des Allemands puis devint un collège de jeunes filles à la Libération. Racheté aux héritiers en 1957 grâce à des dons par la municipalité de Tessé-la-Madeleine, le château fut restauré et devint en 1966 la mairie de Tessé puis de Bagnoles de l'Orne. Il est situé dans un immense parc comprenant des arbres remarquables et duquel le regard s'étend au loin sur la vallée normande. 

Le château apparaît au détour d'une allée du magnifique parc. Ph. Delahaye.

Le château apparaît au détour d'une allée du magnifique parc. Ph. Delahaye.

Le Château-Hôtel-de-ville. Ph. Delahaye.

Le Château-Hôtel-de-ville. Ph. Delahaye.