Le Bouillon Chartier

Publié le par Marie-Claude DELAHAYE

Après avoir vu de beaux restaurants fréquentés par la bourgeoisie de l'époque, je veux montrer à Bryce, ce jeune distillateur du Montana passionné d'absinthe, un aspect de la vie populaire. Pour cela, nous partons déjeuner au Bouillon Chartier.

Enseigne du Bouillon Chartier, 7 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris. Métro Grands Boulevards. Ph. Delahaye.

Enseigne du Bouillon Chartier, 7 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris. Métro Grands Boulevards. Ph. Delahaye.

Le Bouillon Chartier est le seul bouillon encore en activité dans l'esprit de l'époque. Depuis sa création en 1896, il a travaillé sans discontinuer tout en n'ayant connu que quatre propriétaires différents.  Sa grande salle, dans le plus pur style Belle Epoque, a été classée à l’inventaire des Monument historiques en 1989.

Entrée du Bouillon Chartier dans une cour d'immeubles. Ph. Delahaye.

Entrée du Bouillon Chartier dans une cour d'immeubles. Ph. Delahaye.

Petit aperçu de la grande salle. Ph. Chartier.

Petit aperçu de la grande salle. Ph. Chartier.

Le Bouillon Chartier est le seul héritier d'une tradition de restaurants populaires vieille de plus de 150 ans. L'histoire des bouillons parisiens remonte à 1860 alors que Pierre-Louis Duval, boucher de son état, a l'idée de créer un restaurant où les ouvriers des Halles pourraient manger un repas chaud à prix modique. Il concocte pour eux un hochepot de bœuf dans son bouillon, un plat qui donnera son nom à l'établissement. Le fils Duval prend ensuite la relève pour développer une chaîne de "bouillons restaurants".

Il ne reste plus qu'un survivant des Bouillons Duval, le restaurant Julien, aménagé en 1902 dans le plus pur style Art nouveau mais qui n'a malheureusement plus rien du restaurant populaire.

Le concept est repris en 1896 par Camille et Édouard Chartier qui ouvrent un premier bouillon rue du Temple puis un second, rue du Faubourg Montmartre. D'autres bouillons ouvriront dans différents quartiers de Paris, aujourd'hui recyclés dans la brasserie de luxe. Seul Chartier a conservé sa vocation de restaurant populaire. (source : Louise Gaboury -Planet Monde-le websine des voyages)

À gauche, le tableau du peintre Germont donné en 1929 au Bouillon pour rembourser sa dette. Ph. Chartier.

À gauche, le tableau du peintre Germont donné en 1929 au Bouillon pour rembourser sa dette. Ph. Chartier.

Les bouillons étaient tous décorés dans le style Art nouveau et respectaient plus ou moins implicitement le même plan. Une avant salle équipée d'un bar s'ouvre sur la rue, et une grande salle à l'arrière, divisée par une balustrade, est souvent surmontée d'une verrière.

 

La verrière du Bouillon Chartier. Ph. Delahaye.

La verrière du Bouillon Chartier. Ph. Delahaye.

Dans l'immense salle décorée de boiseries et de cuivres pouvant accueillir jusqu'à 350 personnes, se presse tous les jours une foule hétéroclite. Les tables serrées les unes contre les autres incitent à la convivialité. 

On peut remarquer dans tous les restaurants anciens des barres en cuivre, soit derrière les banquettes, soit suspendues entre deux poteaux comme ici au Chartier. Elles permettent aux clients de poser leurs affaires. Dans les restaurants d'aujourd'hui où rien de tel n'est prévu, on est contraint de poser son sac par terre.

Un aspect de la salle avec les garçons en gilet noir et tablier blanc. Ph. Delahaye.

Un aspect de la salle avec les garçons en gilet noir et tablier blanc. Ph. Delahaye.

Le Bouillon Chartier faisait office de cantine pour les ouvriers et quelques bourgeois du quartier. On peut encore y voir le meuble en bois dans lequel étaient rangées les serviettes.

Le meuble à casiers pour les serviettes. N'est plus fonctionnel aujourd'hui. Ph. Delahaye.

Le meuble à casiers pour les serviettes. N'est plus fonctionnel aujourd'hui. Ph. Delahaye.

Avec des prix légèrement en-dessous de la moyenne des brasseries. (compter 20,90€ pour un menu complet entrée+plat+dessert), une cuisine traditionnelle française et un service parfois un peu bourru qui fait partie de la légende, le Bouillon Chartier garde tout son charme.

Bryce a apprécié ce nouvel aspect du temps de la Fée verte. Ph. Delahaye.

Bryce a apprécié ce nouvel aspect du temps de la Fée verte. Ph. Delahaye.

À suivre... La Brasserie Julien

Pour reprendre l'histoire à son début et découvrir qui est Bryce : http://absinthemuseum.auvers.over-blog.com...de-voleurs.html